Le cinéma dans l’Histoire de l’Art

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Quels sont les liens entre le cinéma et les arts plastiques ? Quelle place tient le cinéma dans la grande Histoire des Arts ? KAZoART s’est penché sur le 7e art, si apprécié de tous, et comment il a influencé les plus grands artistes, peintres, photographes et sculpteurs. Silence, ça tourne !

Cinéma et avant-garde

L’histoire du cinéma remonte à la fin du XIXe siècle : les premiers films ont été enregistrés à partir de 1891 par Thomas Edison, puis par les frères Lumière.

Puis, dès les années 1910, le cinéma rencontre les autres arts – notamment grâce aux différentes avant-gardes et mouvements artistiques européens. Le mouvement italien futuriste, qui prône l’avènement de la machine, de la technologie, mais aussi de la vitesse et du mouvement, s’y retrouve parfaitement. Le film « Thaïs » d’Anton Giulio Bragaglia (1917) est un bel exemple des principes futuristes appliqués au cinéma, notamment avec l’utilisation de lignes géométriques très contrastées dans les décors.

Thais, extrait, 1917

Thais, d’Anton Giulio Bragaglia, 1917

Dans les années 20, c’est au tour des dadaïstes de s’intéresser au cinéma, qui s’appliquera bien à leur vision, et leur permettra d’explorer d’autres pistes esthétiques. De nombreux artistes réalisent des films expérimentaux : Hans Richter (Rythmus 21, 1921),René Clair et Francis Picabia (Entr’acte, 1924), Man Ray (Le retour à la raison, 1923), ou encore Fernand Léger et Dudley Murphy (Le ballet mécanique, 1924). Le cinéma permet notamment à ces artistes d’explorer la notion de rythme et de mouvement, mais aussi de créer des effets spéciaux qui se prêtent bien aux folles recherches esthétiques de ce mouvement. A la suite, les Surréalistes, héritiers de Dada, ont eux aussi réalisé des films, dont le célèbre « Un chien andalou » (1929) de Luis Buñuel, qui fera grand bruit et s’est forgé une place spéciale dans l’Histoire de l’art du XXe siècle.

A partir de 1927, le cinéma gagne le son et devient parlant. Il se développe tout particulièrement au cours des années 30 et 40, jusqu’à son avènement durant les années 50 et 60, notamment avec Alfred Hitchcock aux États-Unis, François Truffaut et Jean-Luc Godard en France. A cette période, de nombreux échanges ont lieu entre cinéma et arts plastiques, notamment avec de grands artistes influencés par certains réalisateurs, esthétiques ou grandes icônes.

Hopper et Hitchcock

Un des exemples les plus intéressants d’échanges entre peinture et cinéma concerne deux monuments de l’Histoire de l’Art : Edward Hopper et Alfred Hitchcock. Chacun fut très influencé par les œuvres de l’autre, et ils s’intéressaient tous deux aux intérieurs américains et ce qui s’y cache.

La RMN-Grand Palais s’est d’ailleurs penchée su leurs liens, notamment à la façon dont Hitchcock s’est inspiré du tableau  de Hopper, « House by the Railroad , pour son film « Psychose ».

Hopper s’inspira lui du cinéma d’un point de vue esthétique, tout particulièrement pour la lumière dans ses tableaux, la faisant naitre d’une source artificielle, tout comme le cinéma. Ses tableaux présentent un jeu très tranché entre lumière et ombres, et Hopper se rapproche ainsi du travail des réalisateurs de films noirs américains des années 1940. Autre point commun, les points de vue, plaçant le spectateur d’une toile de Hopper dans la même position que devant un film.

Pop Art et cinéma

Le cinéma a depuis longtemps une grande influence sur les autres arts grâce à ses acteurs, qui deviennent parfois de véritables icônes, à l’image de Marylin Monroe ou James Dean. Le visage de ces stars et les codes du cinéma deviennent alors un pan de la culture occidentale à part entière.

C’est ainsi que des mouvements comme le Pop Art américain et notamment son principal représentant, Andy Warhol, ont repris ces codes issus du cinéma dans leurs œuvres. Les Marylin et les Liz Taylor sérigraphiées de Warhol est  ainsi un pur produit issu du cinéma. Le célèbre artiste s’était par ailleurs essayé au cinéma, avec des films tels que « Sleep » (1963) et « Vinyl » (1965)

Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967, MoMA, © 2017 Andy Warhol Foundation for the Visual Arts / Artists Rights Society (ARS), New York

Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967, MoMA, © 2017 Andy Warhol Foundation for the Visual Arts / Artists Rights Society (ARS), New York

L’Art vidéo

De nos jours, de nombreux artistes plasticiens tournent des courts ou longs-métrages en parallèle de leurs activités habituelles. Des artistes contemporains se sont notamment lancés dans la réalisation de films, à l’image de Sophie Calle avec « No Sex last night » (1995). Des cinéastes comme Chantal Akerman (1950-2015) ou Larry Clark, photographe devenu vidéaste, ont ainsi mêlé différents arts et traité à travers le cinéma des sujets peu abordés dans les autres domaines, tels que le sexe ou la cause féministe.

Le cinéma a ainsi donné naissance, il y a quelques décennies, à un nouveau genre, l’art vidéo, représenté par des artistes comme Bill Viola, qui proposent des installations vidéos en musée, à visée esthétique ou engagée. Ce dernier, un des plus grands représentants de cet art, s’est inspiré de l’Histoire de l’Art pour créer de nouvelles œuvres, à l’image de « The Greeting », qui reprend en vidéo la scène du tableau « La Visitation » par Jacopo Pontormo. Un bel exemple d’échanges entre passé et présent, peinture et vidéo…

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