L’œuvre à la loupe : La Danse au Moulin Rouge de Toulouse-Lautrec

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Avec l’œuvre à la loupe, KAZoART vous emmène dans les dessous d’une œuvre, à la découverte de ses moindres secrets… Aujourd’hui, la rédaction décortique pour vous le chef d’œuvre du peintre Henri de Toulouse-Lautrec, « La danse au Moulin Rouge ». Toulouse-Lautrec, véritable icône de la Belle Époque et du Paris populaire des cabarets, y dépeint une ambiance unique, entre French Cancan et déambulations. Plongée dans un univers à part !

 

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Henri de Toulouse-Lautrec, La Danse au Moulin-Rouge, 1890, Huile sur toile, 115.6 x 149.9 cm

Le monde des cabarets

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), peintre, dessinateur et lithographe, est né dans une famille noble du sud de la France. Homme de petite taille, adepte d’absinthe, il fut un artiste de talent : grand amateur d’art japonais, il est aujourd’hui considéré comme un précurseur de l’expressionnisme. Toulouse-Lautrec était en outre connu comme quelqu’un ayant beaucoup d’humour et d’autodérision. Il habita presque toute sa vie à Montmartre, dans le nord de Paris, et passa ainsi beaucoup de temps dans les cabarets et les théâtres. Naturellement, ce monde hors norme devint ainsi le sujet de ses tableaux.

« La Danse au Moulin Rouge », aussi appelée « Bal au Moulin Rouge », est sans conteste une des œuvres les plus connues du peintre. La scène représentée prend place au cœur d’un des cabarets de l’époque, resté le plus célèbre de nos jours, le Moulin Rouge. On y voit le petit monde parisien déambuler sur la grande scène de bal qui occupait alors la plus grande partie du cabaret. La majorité des personnages sont des hommes, mais deux femmes ressortent clairement parmi les costumes trois pièces sombres : la dame en rose au premier plan, et la danseuse au centre du tableau. Toute la composition est faite pour rendre au mieux l’ambiance du cabaret, défilé incessant et bruyant d’hommes et de femmes. Le propriétaire du Moulin Rouge apprécia tellement cette toile qu’il la fit accrocher au-dessus du bar…

4 détails à la loupe…

1. Un homme en noir

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L’homme en noir à la gauche du tableau n’est autre que Valentin le Desossé, de son vrai nom Edme-Étienne-Jules Renaudin, célèbre danseur et contorsionniste de l’époque. Ce dernier a été identifié grâce à une inscription récemment découverte au dos du tableau, tracée de la main de l’artiste : « Le dressage des nouvelles par Valentin le Désossé ». Le physique particulier du danseur est bien reconnaissable, avec sa silhouette longiligne et ses jambes arquées. Il est ici montré apprenant des pas de danse à une nouvelle danseuse. Valentin le Désossé fut notamment le partenaire de la Goulue, danseuse star des cabarets souvent dépeinte par Toulouse-Lautrec. Comme les autres messieurs, il est vêtu de noir et porte un haut-de-forme à la mode de l’époque.

2. Danser le cancan

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Face à Valentin le Désossé, une jeune femme rousse apprend de nouveaux pas de danse. Elle n’est pas en tenue de spectacle : elle porte une simple robe beige, aux jupons blancs, légèrement transparente. Elle ne porte aucune parure, pas même un chapeau ou un bijou, ce qui la distingue de la dame élégante du premier plan. Ses bas écarlates sautent aux yeux et attirent directement le regard du spectateur, qui se fait voyeur, et est ainsi intégré à la foule présente dans le tableau. On aperçoit ses mollets, chose très osée pour l’époque, ce qui était une des « attractions » des cabarets. La danseuse porte les bottines à talons indispensables pour danser le Bahut-cancan. On la voit ici exécuter un pas de cette danse, précurseure du French Cancan que nous connaissons aujourd’hui. Inspirée de la cachucha, une danse andalouse, elle repose principalement sur des sauts et des jetés de jambes très amples.

3. Une dame bien élégante

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En parallèle de la danseuse, mais surtout en contradiction avec elle, la femme en robe rose semble traverser la scène, presque indifférente. Sa présence surprend dans un cabaret, lieu d’amusement mais aussi de débauche. Elle appartient clairement à la classe bourgeoise : robe rose de satin avec fourrure blanche, large chapeau à plumes, gants noirs. Sa silhouette droite et altière tranche avec celle de la danseuse tout en courbes et en mouvement. Elle apparait comme la femme éduquée et respectable face aux danseuses excentriques. Mais elle indique aussi que le cabaret est un lieu de mixité sociale à l’époque…

4. Une forêt de hauts-de-forme

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L’arrière plan de la composition est occupée par de nombreux clients se tenant près du bar. On peut reconnaitre les colonnes de la grande salle du Moulin Rouge, ainsi que les miroirs ornant les murs. La foule est très représentative des années 1890 et de leur mode : les hommes portent des complets trois pièces et des hauts-de-forme ou des chapeaux melons, incontournables en soirée. La femme en noir que l’on voit de face serait une danseuse célèbre du Moulin Rouge, prénommée Jane Avril. A droite, l’homme à la barbe blanche près du bar ne serait autre que le père de Toulouse-Lautrec. Enfin, à gauche, Toulouse-Lautrec a placé un serveur vêtu de rouge, faisant ainsi un rappel aux bas de la danseuse.

En écho sur KAZoART Paga

On retrouve dans l’œuvre « Mi flamor » de Paga la passion de la danse ainsi que le travail sur les mouvements amples du corps. Comme dans l’œuvre de Toulouse-Lautrec, on entendrait presque la musique…

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Paga, Mi flamor, 1900€

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